Le blog de rose de mai

 

 

Autour de Nevers… et Lyon

 
           Il est évident que le centre de l'italianisme en faïence était représenté par Nevers.
           Les compagnons faïenciers, avant d'arriver à Nevers, s'arrêtèrent à Lyon. La mobilité des peintres, les déplacements successifs des tourneurs rendent difficile l'attribution exactes des pièces à chaque faïencerie.
Après la découverte de Nevers, il m'a semblé intéressant de partir à la découverte de ces petites faïenceries des régions qui ont toutes resplendit grâce à Nevers.
 
Lyon
 Lyon est un des fondements de cet art. Moins connu, moins exploité et surtout, complètement éteint, les faïenceries lyonnaises eurent leur heure de gloire.
Sous le règne de Charles VIII, La conquête du royaume de Naples fait de Lyon la deuxième capitale. Carrefour d'affaires important, les italiens fondent de véritables colonies. Ils apportent la soie et la faïence. On recense le premier faïencier, venu de Florence, en 1512. Puis d'autres demandes sont prises en compte. Cet essor correspond aux prises de fonction à l'archevêché de Lyon du Cardinal de Tournon, grand amateur de malique. Parallèlement, Lyon devient une capitale quant à la diffusion des livres illustrés en France.
Les peintres faïenciers trouvent là l'inspiration de s décors "historiés. Une petite bataille s'engage pour attribuer à Lyon ou à Nevers, l'origine de ces décors. Le doute subsiste encore aujourd'hui. Une chose est sure, la qualité exceptionnelle de ces décors s'adressait à une clientèle de luxe.
 
 
Sans nul doute, Lyon s'est inspiré de la Renaissance italienne en jouant sur une déformation volontaire de la perspective.
           La reconnaissance de Lyon existe pour sa production unique de pots de pharmacie. Le décor à feuilles, les motifs de pomme de pin ou palmette persane sont adoptés. Le décor à feuille d'iris ou feuille de vigne apparaît au début du XVIIè siècle.
La pureté du blanc de l'émail contraste avec le noir de l'inscription du médicament.
Lyon accueille une vingtaine de potiers au XVIIè siècle. Plusieurs d'entre eux s'installent sur les bords de la Saône.
Vers le milieu du XVIIIè , Lyon se met au pas de Nevers. Les pots d'apothicaires gardent leurs formes spécifiques : pieds large, col large et court, anse plate ou à deux colombins se terminant en vrille. La panse cylindrique est légèrement galbée. Les décors empruntent toutes les tendance de l'époque.
Dans l'ensemble, Lyon subira deux influences : le style italien et l'école du Midi. Comme Nevers, malgrè ses "copies", une forte personnalité des peintres s'impose. Seuls les décors "la Pierre Scize" - composition de blocs de pierre d'où poussent les branches feuillues – se différencient de la production plus classique. Cette multitude de décors pourrait laisser paraître une baisse de qualité. Il n'en n'est rien. Les motifs sont équilibrés. La vie se joue sur chacune des pièces.
 
Roanne
 La production faïencière de Roanne est intimement liée à celle de Lyon.
Si la variété des objets et des décors s'apparente à certaines autres manufactures, les formes sont particulièrement généreuses. L'émail est de très bonne qualité, bien nappé et lumineux. Les teintes polychromes lumineuses et recherchée. Les bleus l'emportent sur les jaunes camaïeux.
 
           La production démarra au milieu du XVIIè siècle. Nevers influence, à cette période, fortement ces faïenceries. Le décor de l'Astrée, en camaïeu de bleu le confirme. Influence qui cessera dans le milieu du XVIIIè. Ce milieu de siècle sera le plus riche pour les faïenciers Roannais. 
           Vers 1750, J. M. Gay, marchand de gros, installe la faïencerie qui sera très vite répertoriée dans "l'Almanach de la ville de Lyon et des provinces de Lyonnais, Forez et Beaujolais". Les polychromies portent déjà les petites feuilles découpées, associées aux fougères et qui seront l'un des décors phare du Roannais. Autre particularité, la gaieté des couleurs. Un bleu aquarelle, vif, un jaune lumineux et ocré sont largement employés.
Roanne accueille d'autres manufactures. Les meilleurs ouvriers de Marseille, Lyon … passent, montrant l'importance que revêt cette ville dans le domaine faïencier. Une certaine équivalence se traduit dans les décors. Une exception cependant, le décor "au grotesque" , à l'inverse des "grotesques" de Moustiers, est composé d'un seul personnage. Celui-ci est tranquillement assis ou s'anime d'un pas pressé, rappelant les interprètes de la Comédia dell'Arte. Lyon et Grenoble ne sont pas loin, les décors s'en ressentent. Les bouquets font parties de la panoplie des faïenceries de Roanne. Mais c'est à Sébastien Nicolas que l'on doit l'éclosion des "bouquets roannais".
D'autres motifs, notamment le "décor au Bonhomme" illustre parfaitement la culture spécifique de la région. Ils représentent des scènes de lieus tels ces scènes d'animation du port de Roanne.
La famille Nicolas sera à l'origine de la diversité des décors durant une longue période. Jean-Baptiste Nicolas, l'un des petit-fils, passa une longue période à Lyon. Malheureusement, à ce jour, aucune faïence lui appartenant ne fut retrouvée.
Jusqu'à la moitié du XIXè siècle, on répertorie jusqu'à neuf manufactures.
 
Moulins
 Les origines de ces faïenceries sont bien incertaines. On peut cependant les situer vers 1730. De fortes influences nivernaises, ces faïenceries sont réputées pour leurs statues. Un St-Antoine dans sa robe bleue et violet manganèse, accompagné de son petit cochon, daté de 1736 révèle l'excellente qualité de cette manufacture. Le détail ornemental est sa réelle particularité. Ainsi, une pièce qui, par son manque de rouge, aurait pu être attribué à Nevers, l'a été à Moulins grâce à la précision des décors.
Les décors comportent souvent un rouge de fer (inexistant à Nevers) mais utilisé à Rouen. Une fois de plus, on découvre l'interactivité existante entre chaque région.
Un décor retient notre attention à Moulins : la rocaille. Avec ce style pseudo-chinois, Moulins s'apparente aux réalisations de Sinceny et s'inspire du dessinateur du Prince de Condé à Chantilly. Pour Moulins, les courbes enrichies de petites fleurs accueillent nombre d'oiseaux,
A la fin du XVIIIè siècle, Moulins devra se plier à la demande et produira de la faïence fine.
Une longue liste de faïenciers s'installèrent jusqu'au milieu du XIXè. Puis, comme dans bien d'autres région, le déclin arrive avec la mode de la porcelaine.

Clermont Ferrand
 Contrairement aux autres centres, précédemment cités, Clermont Ferrand se situe hors des voies de communications rapides. Le passage des artistes en est diminué.
On doit la création de la première faïencerie à Mathieu Perrot en 1730. Il n'y fera qu'un très court passage. Dès le début, il est en difficultés financières. En 1733, les faïenceries sont reprises et la capitale de l'Auvergne va enfin jouer un rôle important dans cet artisanat. La manufacture obtient le statut très envié de "Manufacture Royale". Les peintres et tourneurs viennent de Nevers et de Montpellier.
 
 
           La fabrique disparaît jusqu'en 1775. Plusieurs ouvriers tenteront bien de relancer la manufacture, en vain. Il faut attendre Donat Verdier en 1775 pour constater une reprise des activités. Les objets n'ont aucune personnalité. On peut cependant voir au Musée des Beaux Arts de Clermond-Ferrand un damier polychrome daté de 1779 assez original.
Le quart du XVIIIè verra la production s'appauvrir. La faïencerie se porte mal et Clermont-Ferrant ne s'en relèvera pas.
 
 
Bien d'autres régions, proches de la ligne Nevers–Lyon ont eu leurs faïenceries. On peut en citer, sans être trop rébarbatif, les principales.
- La Forest et Hautecombe en Savoie.
Le début des activités est porté à 1725. La Savoie est, à cette époque italienne. L'annexion de cette région, en 1792, pose de graves difficultés à la manufacture.
Les influences y sont diverses. Les statuaires sont de facture nivernaises. Les faïences La Forest sont largement influencées par Lyon et Moustiers et Marseille.
 
- La Tronche et très Cloître de Grenoble
 
- la Bourgogne Auxerroise
Les faïences de Bourgogne sont dépendantes de Nevers. Une multutude de petits centres sont aujourd'hui connus : Ancy-le-Franc; Arthé; Auxerre; Les Cornes; Chevannes; Ligny-Le-Châtel; Vausse; Varzy … Pour toutes ces productions, les décors jaune, bleus et violacé dominent. Les fonds sont blanc bleuâtre. Les tons y sont fade mais harmonieux.
 
 

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